De la médecine de terrain et pas uniquement dans les livres

Depuis le mois de septembre dernier, 40 étudiants en médecine ont entamé le nouveau master en médecine humaine dispensé à Fribourg et les menant jusqu’à l’examen fédéral. Ce cursus, qui met l’accent sur la médecine de famille, a pour ambition d’étoffer la relève dans le canton.

« C'est une formation très pratique », souligne le Dr Antoine Meyer, membre du comité de pilotage qui a mis sur pied ce master. « Il s’agit de faire de la médecine sur le terrain et pas uniquement dans les livres », abonde le professeur Pierre-Yves Rodondi, directeur du nouvel Institut de médecine de famille de l’Université de Fribourg. Les deux médecins se réjouissent notamment de la collaboration avec les médecins de famille, qui accueilleront dans leur cabinet les étudiants. Cette interdisciplinarité ne se limite pas aux médecins de premier recours, mais bien aux nombreux acteurs de la santé, dont le Réseau fribourgeois de santé mentale (RFSM) et l’hôpital fribourgeois (HFR), parties prenantes de ce projet. 

« Avec un ratio de moins d’un médecin de famille pour 1000 habitants, Fribourg apparaissait, selon les chiffres de 2014, en queue de peloton au niveau suisse », rappelle le Dr Antoine Meyer, médecin adjoint en chirurgie générale à l’HFR Fribourg – Hôpital cantonal. « Mais on constate que les étudiants s’installent plus facilement là où ils ont étudié et effectué leur spécialisation, on espère ainsi étoffer les cabinets du canton », note Pierre-Yves Rodondi, qui a suivi une partie de sa spécialisation en médecine interne générale à l’HFR Fribourg – Hôpital cantonal, avant d’ouvrir son cabinet à Pully (VD). 

«Patient au centre de l'enseignement»

Former de A à Z les médecins de demain est un atout majeur pour le rayonnement de Fribourg et cette coloration en médecine de famille met un point d’honneur à mettre « le patient au centre de l’enseignement », relèvent les deux professionnels de la santé. « C’est aussi très stimulant pour les médecins, qui doivent rester à jour, mais surtout c’est un plaisir et une fierté d’assurer la transmission. » Les futurs médecins, qui bénéficient d’une formation bilingue, sont en effet au contact des patients, que ce soit à l’HFR, au RFSM ou auprès des médecins généralistes, avec lesquels ils effectuent la période de stage la plus longue existante en Suisse, soit une soixantaine de jours sur trois ans. 

Un plus pour les étudiants, mais qu’en est-il pour les patients? « Ça se passe toujours très bien, certaines fois ce sont les futurs médecins qui sont timides ou gênés plutôt que les patients », racontent les deux médecins. Et Pierre-Yves Rodondi d’ajouter non sans humour : « Mes patients relèvent souvent que les stagiaires leur consacrent davantage de temps que moi ! » 

 

Au rythme des quatre saisons

Ces étudiants en master sont littéralement plongés dans le quotidien des médecins de famille. « Ils vont faire partie de la vie des patients », se réjouit Pierre-Yves Rodondi. « Ils feront face aux pathologies qui varient au gré des saisons et ils pourront appréhender le suivi de patients chroniques. » « On part du symptôme pour poser le diagnostic et prendre soin du patient », ajoute le Dr Antoine Meyer. Ça impose aussi un suivi du quotidien. « En cabinet, on a une vision à long terme et on travaille en réseau, par exemple on voit les implications dans le quotidien d’une opération des yeux ou encore le temps que prend un traitement pour l’hypertension.

Le master en chiffres

32,9 millions de francs, le crédit d’engagement portant sur la période 2018 – 2022 

8 postes de professeurs créés (équivalent plein temps) 

120 étudiants à terme lorsque les trois années de master se côtoieront 

Plus de 60 médecins de famille prêts à accueillir des étudiants 

5,9 millions, les coûts annuels de fonctionnement 

40 étudiants pour la première rentrée en 2019

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