Quand la technologie rapproche des patient-e-s
À l’HFR, les tours connectées prennent progressivement leur place dans les unités stationnaires. Pensées comme de véritables postes de travail mobiles, elles regroupent dans un seul équipement l’ordinateur, le matériel de soins et, en fonction des besoins, les appareils biomédicaux. Résultat : moins d’allers-retours, moins de ressaisie manuelle et davantage de temps auprès des patientes et des patients.
Jusque-là, les postes de travail des soignant-e-s ressemblaient à une panoplie d’équipements : un laptop, un chariot, du matériel de soins, un appareil biomédical et, parfois encore, un calepin pour noter les constantes avant de les retranscrire plus tard dans le dossier patient-e. C’est à partir de ce constat qu’est né le projet des tours connectées à l’HFR. Réunir, dans un seul et même outil mobile, ce qui était jusque-ici disparate.
Concrètement, une tour connectée, c’est un bureau de soins mobile, sur roulettes. On y retrouve un écran, un clavier, des rangements, le matériel nécessaire aux soins et, pour certaines versions, les appareils biomédicaux qui permettent de prendre les constantes directement au lit des personnes hospitalisées. L’idée est simple : avoir sous la main, au bon endroit et au bon moment, tout ce dont les équipes ont besoin pour soigner, documenter et suivre la prise en charge.
L’un des changements majeurs se trouve dans la transmission des données. Avec les tours connectées, les constantes mesurées peuvent être envoyées directement dans le dossier électronique des patient-e-s, sans retranscription manuelle. Pour les équipes, cela représente un double avantage : un gain de temps, mais aussi une réduction du risque d’erreurs lié à la recopie.
Ce bénéfice, les équipes de terrain le perçoivent immédiatement. Noël Haymoz, infirmier au Service de médecine interne à l’HFR Tafers, explique que l’outil évite de nombreux « trajets à vide », puisque le matériel nécessaire se trouve déjà sur la tour. Il souligne aussi que l’équipe, pourtant composée de plusieurs générations avec des niveaux de connaissance des appareils numériques différents, a pris l’outil en main très rapidement. Après un ou deux jours, la crainte de départ avait déjà laissé la place à une utilisation fluide du système.
Mais l’essentiel n’est pas seulement dans les écrans ou dans les données numériques. Il se joue dans les chambres. Sophia Bourouay, infirmière cheffe (ICUS) du Service d’orthopédie à Fribourg, nous le dit très clairement :
« Avec les tours connectées, le poste de travail entre dans la chambre. Les données sont accessibles immédiatement, les équipes restent davantage auprès des malades. »
Autrement dit, la technologie n’éloigne pas le personnel soignant des personnes hospitalisées, mais elle le ramène auprès d’elles. Christophe Bosteels, chef du projet, relève d’ailleurs que la technologie peut, parfois, renforcer le lien humain dans les soins.
Un autre point fort de ce projet est qu’il n’a pas été conçu « hors sol ». Christophe Bosteels explique qu’il a été mené conjointement par des équipes issues des soins, de l’informatique et du biomédical. Surtout, un projet pilote a permis d’adapter les modèles de tours à la réalité du terrain. Dans sa maniabilité, son ergonomie, jusqu’à l’organisation des tiroirs, le choix du matériel informatique ou encore le mode d’utilisation dans les chambres.
Du côté des services, cette arrivée a aussi été préparée. Sophia Bourouay explique que l’intégration ne s’est pas faite du jour au lendemain.
« Des colloques d’équipe, des espaces de parole et un travail d’anticipation ont permis de récolter les questions, les craintes et les idées. Ce qui en est ressorti, c’est que l’adoption de l’outil s’est jouée autant dans la dynamique collective que dans la machine elle-même. »
Les tours connectées ne sont pas qu’un simple remplacement de matériel. Elles sont un support sur lequel viendrons se greffer les futurs équipements médicaux, qui répondront aux besoins des pratiques dans les soins de demain.
L’arrivée des tours connectées à l’HFR raconte quelque chose de très concret : moderniser un poste de travail ne sert pas seulement à aller plus vite, mais permet de gagner en sérénité et en temps passé auprès des patientes et des patients.