Un travail technique qui contribue directement à la santé des patient-e-s
Qui veille au bon fonctionnement des pompes à perfusion de l’hôpital ? Des machines d’anesthésie ? Les techniciens biomédicaux. L’un d’entre eux y a dédié sa carrière. Dominique Duding part à la retraite fin juin.
Le Service biomédical de l’hôpital fribourgeois (HFR) assure l’entretien de 15’000 appareils médicaux, parmi lesquels 900 sont sous la responsabilité de Dominique Duding, technicien biomédical. Il part à la retraite à la fin de ce mois, après 42 années de service à l’HFR.
On pourrait penser qu’une solide routine s’est installée après une si longue période au sein du même hôpital, mais c’est mal connaître Dominique Duding. D’un naturel ouvert et toujours désireux d’apprendre, il n'a cessé d’assumer de nouvelles tâches. « J’ai accompli quelque chose », affirme-t-il avec une fierté manifeste. Lorsqu’il était encore sur les bancs de l’école, son instituteur n’était pas du même avis.
À 14 ans, il était un élève doué, mais qui se passionnait plutôt pour les cours de batterie et de chant, suivis au Conservatoire. Son instituteur avait alors froidement prédit qu’il ne ferait jamais rien de sa vie. Ses yeux brillent d'une lueur mêlant espièglerie et combativité en évoquant cet épisode. Car non seulement il cultiva son amour de la musique à travers son groupe et les concerts données – dommage d’ailleurs que la Star Ac’ ou The Voice n’existaient pas alors, il y aurait participé, c’est certain – mais il peut surtout se targuer d’avoir sauvé des vies.
Des appareils toujours plus complexes
Jeune homme, Dominique Duding rêve de devenir ambulancier. Pour cela, il lui fallait tout d’abord mettre un pied dans le monde hospitalier. Un poste au Service technique de ce qui était alors l’Hôpital de la Gruyère lui fournit l’opportunité tant attendue. S’ensuivit une formation d’ambulancier et de nombreuses années dans le métier de ses rêves, à sauver des vies. Il aurait voulu l’exercer encore longtemps, mais le destin en décida autrement : souffrant de problèmes de dos, il dût cesser son activité et réintégrer le Service technique, à l’hôpital devenu l’Hôpital du Sud fribourgeois.
A l’atelier, il ne tarda pas à se languir. Grâce à son vaste cercle de collègues et avec le soutien de ses supérieur-e-s, il se vit rapidement confier une nouvelle mission : participer – « avec l’ingénieur Michel Delley », tient-il à préciser – à la mise en place du Service biomédical de l’hôpital fribourgeois (HFR) nouvellement créé en cette année 2007. Il renoua alors avec un environnement dans lequel il se sentait à l'aise : un milieu technique et dynamique où il faut parfois agir rapidement, et qui contribue directement à la santé des patient-e-s.
Le métier de technicien biomédical a fortement évolué au cours des dernières décennies. Les appareils deviennent toujours plus complexes. Après de nombreuses formations, en Suisse, mais aussi en Grèce ou à Paris, Dominique Duding se spécialise dans les perfusions, pompes et seringues. Il répare et entretient le matériel, et intègre dans les appareils les « bibliothèques de médicaments » selon les instructions des différents services, c’est-à-dire les consignes concernant les médicaments à administrer et les dosages à respecter.
Des interventions exigeantes
Son travail exige une extrême minutie. Des défauts sur des appareils qui administrent des anesthésiques ou des médicaments peuvent mettre en danger la vie des patient-e-s. Les interventions effectuées dans l’urgence sont particulièrement exigeantes. Il peut ainsi arriver qu’une panne doive être réparée directement dans la salle d'opération. « Ce sont des situations de pur stress. Il est alors important de ne rien laisser transparaître », explique Dominique Duding.
Selon lui, la technique biomédicale mérite d’être reconnue. A l’HFR, les choses ont quelque peu évolué ces dernières années confie-t-il, « il faut donc continuer sur cette lancée ! » Le Service biomédical vient par exemple d’emménager dans de nouveaux locaux plus lumineux, ce qui rend l’environnement de travail plus attrayant.
Mais il est temps pour lui de penser à autre chose : la retraite ! Entre les voyages qu’il prévoit, la musique, le sport et des petites bricoles par-ci par-là, il sait déjà qu’il ne s’ennuiera pas.
Nous lui souhaitons le meilleur !