Une étude menée avec la participation de l’HFR améliore le traitement d’une maladie artérielle touchant les jambes
Très répandue, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) peut, dans le pire des cas, mener à une amputation. Dans le cadre d’une vaste étude, les équipes d’angiologie de l’hôpital fribourgeois (HFR) et de l’Hôpital universitaire de Zurich ont exploré ensemble une nouvelle forme d’angioplastie par ballonnet pour traiter la vasoconstriction. Les résultats ont été publiés récemment dans le réputé « New England Journal of Medicine » (NEJM), revue médicale la plus lue et la plus citée. L’étude a mis en évidence de nombreux avantages.
L’AOMI touche un grand nombre de patient-e-s : près de 10% des personnes de plus de 60 ans souffrent de cette maladie, tandis que le taux atteint 15 à 20% chez les plus de 70 ans. En cas d’AOMI, les artères qui irriguent les membres inférieurs se rétrécissent ou s’obstruent. Sans traitement, la situation peut s’aggraver et, dans le pire des cas, mener à une amputation de la jambe. Dans un premier temps, le traitement consiste en une prise de médicaments et des exercices de marche. Dans les cas plus avancés, une angioplastie est généralement nécessaire pour améliorer la circulation sanguine. Il s’agit d’une intervention mini-invasive pratiquée sous anesthésie locale, lors de laquelle les artères sont ouvertes à l’aide d’un cathéter à ballonnet. Parfois, un extenseur (appelé stent) est posé. Ce traitement de routine est pratiqué avec succès depuis plusieurs années. Il arrive toutefois fréquemment que l’intervention doive être renouvelée, car les artères se rétrécissent à nouveau. Près de 800 interventions de ce type sont réalisées chaque année au sein de l’Unité d’angiologie de l’HFR Fribourg – Hôpital cantonal.
Il est prouvé scientifiquement qu’un traitement avec cathéter à ballonnet enduit d’un médicament réduit la fréquence de nouvelles interventions par rapport à un cathéter traditionnel. Une vaste étude de la clinique d’angiologie de l’Hôpital universitaire de Zurich et de l’Unité d’angiologie de l’HFR a démontré qu’un nouveau type de ballonnets à élution médicamenteuse offrait des avantages importants sur le plan clinique. Il s’agit en l’occurrence de cathéters à ballonnet enduits de sirolimus, un principe actif. Les amputations et les interventions renouvelées en raison de troubles circulatoires critiques peuvent être réduites de près de 8% par rapport aux cathéters traditionnels pendant l’année suivant l’opération, sans augmenter le taux de complications. Cette découverte s’avère cruciale compte tenu du grand nombre de personnes touchées par cette maladie dans le monde, et des conséquences socioéconomiques d’une éventuelle amputation.
Les résultats de l’étude ont été publiés dans le NEJM, l’une des revues médicales les plus réputées à l’international. Le NEJM a notamment justifié la publication de l’article en raison de la pertinence de l’échantillonnage. Réunissant 1200 participant-e-s, l’étude – qui couvre de nombreux cas complexes – a été qualifiée de proportionnellement importante. En effet, les patient-e-s proviennent de l’ensemble du bassin de population des hôpitaux de Fribourg et de Zurich. La collaboration entre les deux hôpitaux a contribué à la qualité de l’étude.
L’étude a été dirigée par le PD Dr Rolf Engelberger, médecin adjoint en angiologie, et le Dr Daniel Périard, médecin-chef de l’Unité d’angiologie. Avec leur équipe, ils se réjouissent de la reconnaissance de leurs résultats au niveau international. Comme l’explique le PD Dr Rolf Engelberger, « notre étude contribue à la qualité de vie des patient-e-s, qui bénéficient ainsi d’un meilleur traitement et évitent l’amputation dans le meilleur des cas. »
L’Unité d’angiologie de l’HFR s’est développée sous la direction du médecin-chef Daniel Périard au cours des dernières années. Elle prodigue des traitements selon des normes internationales et s’engage activement en faveur de la formation des jeunes angiologues en Suisse. L’angiologie est pratiquée sur tous les sites de l’HFR. La recherche comme le traitement sont axés sur la coopération. L’unité collabore étroitement avec des spécialistes d’autres disciplines traitant les maladies vasculaires, notamment la radiologie interventionnelle, la chirurgie vasculaire, la neurologie, le Centre des plaies et de stomathérapie ainsi que la physiothérapie – toujours dans le but de proposer le meilleur traitement aux patient-e-s du canton de Fribourg.