« Grâce à la souplesse de ma hiérarchie et de mes collègues, j’ai pu évoluer à travers des formations en cours d’emploi »
Eurides Tavares est entrée à l’HFR en tant qu’aide-soignante. Elle est aujourd’hui infirmière au sein du Service de néphrologie, gravant les échelons un par un, « grâce aux possibilités qu’on m’a données de suivre mes formations en cours d’emploi ». Avec tout ce que cela implique de souplesse de la part d’une hiérarchie et de collègues.
« C’était impossible pour moi d’arrêter de travailler pour suivre une nouvelle formation. Je suis maman solo. Mais grâce aux possibilités d’évolution en cours d’emploi, qui nécessitent de la souplesse de la part d’un employeur et de collègues, j’ai pu gravir les échelons. »
Grâce à sa motivation et à sa volonté surtout. Parce que se remettre aux études, aux révisions, aux maths, à l’allemand, à la physique, ça ne va pas sans courage et discipline.
Eurides Tavares était aide-soignante quand elle est arrivée à l’HFR en 2002, en Néphrologie déjà. Elle aime son travail, le milieu hospitalier, le contact avec les patientes et les patients. Mais elle regarde avec envie les infirmières poser des intraveineuses et brancher les machines à dialyses – qu’elle ne peut que nettoyer – à des patient-e-s qu’elle ne fait qu’installer dans leur fauteuil de soins. Alors, quand en 2008 une passerelle permet de se former en dix-huit mois au lieu de trois ans à un tout jeune métier, celui d’assistant-e en soins et santé communautaire (ASSC), elle saute sur l’occasion. En plus de son travail à 70% et de son rôle de mère, elle suit ses cours assidûment, dont certains le samedi soir.
Encore plus loin
« Devenir ASSC m’a permis de réaliser plus de gestes médicaux, se réjouit la Cap-verdienne d’origine. Je pouvais faire des injections sous-cutanées, des pansements plus complexes. Evidemment, j’avais envie d’aller encore plus loin ! Mais je ne savais pas comment. Impossible de m’arrêter de travailler pour suivre la formation d’infirmière. Et en plus, il fallait une maturité ou un baccalauréat pour entrer dans une école, je n’avais aucun des deux. »
Sa soif d'apprendre lui est chevillée au corps depuis toujours (et pour toujours)
Mais sa soif d’apprendre lui est chevillée au corps depuis toujours (et pour toujours). Elle la pousse à suivre, en 2013, des cours de maturité Santé et social. « Au cas où. Où un jour une porte s’ouvre ! » L’HFR lui donne des congés pour qu’elle puisse suivre ses cours. Elle a 35 ans. Sur les bancs de l’Ecole professionnelle artisanale et industrielle de Fribourg (EPAI), elle est entourée de bien plus jeunes qu’elle. « Mon Dieu ! Et les cours ! Physique, allemand, maths… L’algèbre, c’était du chinois ! Mais mes jeunes camardes m’ont pris sous leur aile et m’ont beaucoup soutenue. »
En 2015, cette porte s’ouvre. La formation d’infirmier-infirmière en cours d’emploi venait d’être mise sur pied. Eurides Tavares discute avec sa hiérarchie, qui l’encourage et accepte de se compliquer la vie pour baisser un peu son temps de travail et conjuguer ses horaires avec ceux des cours et des stages.
Quatre ans durant, elle jongle alors entre le travail d’ASSC et le travail d’infirmière stagiaire, les horaires de présence et de formation, le travail qui se reporte sur les collègues. « Ils et elles ont fait sans moi pendant que j’étais au cours. Ils ont été souples. Formidables ! »
Aujourd’hui, elle est comblée. Non seulement son rôle dans les soins est plus poussé, mais en tant qu’infirmière, elle dispose de nouvelles possibilités d’évolution. Et vous vous en doutez, la voilà repartie dans une formation ! « J’ai commencé en avril la formation de PF, praticienne formatrice, lance-elle fièrement. Pour entourer les étudiantes et étudiants infirmiers qui passeront par notre Service de néphrologie. Je lui dois beaucoup, je compte bien lui rendre. Alors un grand merci à l’HFR, qui a facilité ma vie et l’évolution de ma carrière ! »
Comme quoi, la souplesse est un pari gagnant.