Vivre avec le cancer : retrouver l’équilibre au-delà des soins

Catégorie : HFR
Rédigé par Laura Uysal
Mercredi 1 avril 2026
LGFB

L’annonce du cancer est un séisme, aux conséquences physiques et psychiques. Pour aider ses patient-e-s à retrouver sérénité et de qualité de vie, l’HFR propose des prestations extra-médicales, pendant et après les traitements.

L’épreuve du cancer dépasse largement la seule gestion des symptômes physiques et des effets secondaires des traitements. Les personnes malades vivent un véritable chamboulement émotionnel et existentiel. Pour accompagner les patient-e-s dans cette quête d’équilibre intérieur, l’HFR propose une série de prestations extra-médicales, en complément des soins. 

Soutien psychologique : une écoute spécialisée

Une équipe bilingue, fruit de la collaboration entre l’HFR et le Réseau fribourgeois de santé mentale (RFSM) et composée de spécialistes en psycho-oncologie est dédiée à l’accompagnement des personnes malades, dès le diagnostic, pendant et après les traitements. 

Un moment non seulement effrayant, mais aussi où l’on confie les décisions concernant sa vie à d’autres, ce qui peut être difficilement vécu. Comme l’explique le Dr Christoph Salathé, médecin-chef psychiatre RFSM, « le diagnostic de cancer n’est pas seulement une confrontation avec sa fragilité et finitude, mais aussi un moment de perte de contrôle. Comme les mois à venir vont être dominés par des procédures diagnostiques, des traitements et contrôles cliniques, ce sont les professionnels des soins oncologiques qui imposent leurs décisions : le ou la malade se voit obligé-e de suivre, subir les procédures, s’adapter à sa nouvelle vie de patient-e et à son corps modifié. Ces changements radicaux demandent des adaptations psychiques majeures avec souvent émergence d’angoisses diverses, de révolte et d’épuisement. »

Consultation infirmière : l’expertise au quotidien

L’HFR propose des consultations infirmières dans divers services, notamment en Oncologie, là où la majorité des traitements se fait en ambulatoire. 

Outre la coordination avec les partenaires externes (médecins traitants, soins à domiciles, ligues, etc.), Estelle Fehlmann, infirmière au sein du Service d’oncologie ambulatoire à l’HFR Riaz, accueille les patient-e-s lors de consultations individuelles. Elle répond à leurs questionnements et les aide à gérer les effets de la maladie et des traitements. 

Son approche est axée sur l’éducation thérapeutique : « J’anticipe ce qui pourrait arriver à la personne une fois chez elle – selon le traitement, son état physique, moral et ses ressources – et je l’y prépare. C’est une pratique personnalisée et complémentaire des soins qui renforce les compétences en santé des patient-e-s. »

« Accompagner les patient-e-s dans ces moments difficiles est un privilège. Nous pouvons clairement leur apporter quelque chose. Ça ne sera pas forcément plus facile, mais on les aura un peu aidés » confie-t-elle.

« Look Good Feel Better » : un coup de pouce au moral

La fondation Look Good Feel Better, active dans toute la Suisse, organise des ateliers gratuits pour les femmes atteintes d'un cancer. Les conseils en soins de la peau et en maquillage visent à aider les participantes à mieux gérer les effets secondaires visibles de leur traitement.

Animés par des expertes bénévoles, ces ateliers offrent un moment de bien-être, renforcent la confiance en soi, le courage et la joie de vivre. 

https://lgfb.ch/fr/workshops/

Cap sur l’avenir : la réadaptation oncologique intégrative

Le Service d’oncologie de l’HFR a mis en place un programme de recherche sur l’implémentation d’une réadaptation oncologique intégrative pour le cancer du sein, encore inédit dans le paysage hospitalier suisse. 

Chaque année, environ 150 Fribourgeoises en âge de travailler sont diagnostiquées d’un cancer du sein. Ce programme leur propose une réadaptation dès le diagnostic et parallèlement aux traitements. 

Elles bénéficient d’une prise en charge holistique : physiothérapie et pilates, groupes de parole, cours de nutrition, suivi en médecine intégrative et par une assistante sociale (notamment du « job coaching en collaboration avec la Ligue fribourgeoise contre le cancer).

La réadaptation permet un retour plus rapide à une vie normale et réduit les effets indésirables des traitements.

Le projet d’étude, mené à l’HFR Fribourg-Hôpital cantonal et l’HFR Riaz, est prévu jusqu’en 2027. A terme, il est prévu de le pérenniser et de l’étendre pour inclure d’autres types de cancers. 

Au-delà de l’amélioration de l’état de forme physique des patientes, ce programme permet aux femmes atteintes d’un cancer du sein de briser la solitude face à la maladie, comme vous pourrez le découvrir dans le film ci-dessous : 

Les Dames en rose. 

Apprendre à Vivre Avec le Cancer (AVAC)

Deux infirmières du Service d’oncologie ambulatoire de l’HFR animent le groupe de soutien AVAC. Depuis quinze ans à l’HFR Riaz, ces rencontres hebdomadaires permettent aux patient-e-s et à un-e accompagnant-e de leur choix (conjoint-e, enfant, ami-e, etc.) de renforcer leurs connaissances et leur offrent un espace d’échange. 

Les premières se concentrent davantage sur le diagnostic, les traitements et leurs effets secondaires. Puis, au fil des semaines, l’aspect émotionnel prend une place plus importante. Des liens forts se tissent entre participant-e-s et des intervenants sont régulièrement invités à s’exprimer.

https://avac.ch/fr/

Un relais précieux : la Ligue fribourgeoise contre le cancer

En complément des services hospitaliers, la Ligue fribourgeoise contre le cancer (LFC) est un relais essentiel à chaque étape de la maladie. Les patient-e-s y trouvent un accompagnement psycho-social professionnel, personnalisé et gratuit. Sur mandat de l’OAI, la LFC soutient le retour au travail en coopération étroite avec l’employeur et la personne malade. Le service « InfoCancer » offre également une première aide et peut être contacté par divers canaux. 

La LFC propose une consultation spécifique « Intimité et cancer ». Accompagnée par une infirmière spécialisée, toute personne concernée par une maladie cancéreuse peut y aborder ses préoccupations liées à l’intimité ou la sexualité.