Une invention pour opérer plus facilement
La chirurgie conservatrice de la hanche intervient avant l’apparition des troubles. Le Dr Darius Marti, chirurgien orthopédiste, s’est donné pour objectif de rendre plus accessible l’une de ces interventions en développant une technique chirurgicale en cours de test et de perfectionnement.
Si nous pouvons marcher, sauter, danser ou encore jouer au football, c’est parce que les os de nos articulations sont parfaitement ajustés et le restent tout au long de notre vie. Pour autant, « l’emboitement » n’est pas toujours parfait. Dans le cas de la hanche, il arrive que le cotyle ne recouvre pas la tête du fémur comme il le devrait, provoquant une trop grande contrainte sur l’articulation qui finit par s’user. Pendant la jeunesse, cette malformation passe le plus souvent inaperçue. Cependant, vers la quarantaine, des troubles marqués peuvent se manifester et la seule solution reste alors la pose d’une prothèse.
Fort heureusement, il existe une alternative pour ne pas en arriver là. La chirurgie conservatrice de l’articulation de la hanche permet de corriger la déformation avant que l’articulation ne soit endommagée. Cette opération, proposée à l’HFR depuis près de vingt-cinq ans, recourt à l’ostéotomie périacétabulaire (PAO), une intervention consistant à réaliser des sections osseuses autour de la cavité articulaire du bassin puis à la réorienter pour corriger des malformations. A l’HFR, ces interventions sont réalisées par le Dr Darius Marti et le Dr Jonathan Laurençon, tous deux médecins adjoints en chirurgie orthopédique. La PAO reste néanmoins très complexe et n’est pratiquée que par un petit nombre de chirurgien-ne-s.
Le Dr Darius Marti partage sa vision : « Je souhaiterais que davantage de patient-e-s aient accès à cette innovation. C’est possible si l’intervention est plus simple à réaliser », explique-t-il. Cet objectif en tête, il a commencé à améliorer la technique chirurgicale. Alors qu’actuellement, l’opération est réalisée à main levée, son idée repose sur l’utilisation de gabarits spécifiques aux patient-e-s afin de simplifier la découpe et de réduire les risques intrinsèques. En collaboration avec l’Ecole d’ingénierie et d’architecture de Fribourg, le Dr Darius Marti et son équipe ont élaboré un prototype.
Les premiers essais sont prometteurs. A présent, le Dr Darius Marti vise une mise sur le marché de cette technique. Sa vision le propulse dans le monde de l’industrie, un territoire inconnu loin des salles d’opération. En effet, l’application à grande échelle de cette technique nécessite l’appui d’un partenaire industriel.
Le Dr Darius Marti a reçu le prix Georges Python pour son innovation. Ce prix est décerné chaque année depuis 2020 au meilleur projet de recherche. Doté de 5000 francs, il est financé par le Collège des médecins de l’HFR. Le projet du Dr Darius Marti a été sélectionné parmi 30 autres candidatures.