Changement de paradigme en chirurgie orthopédique – ne pas forcément opérer
La PD Dre Angela Seidel a étudié les fractures de la cheville afin de déterminer dans quels contextes un traitement conservateur – autrement dit sans opération – suffit à guérir cette blessure, et dans quels cas une intervention est nécessaire.
Ceci dans le but de préserver les patientes et les patients de complications, « étant donné que ce taux de complications postopératoires peut atteindre 10%, soit toucher 1650 personnes en Suisse par an », précise la médecin adjointe au Service de chirurgie orthopédique de l’HFR, en parlant des fractures malléolaires. Ces dernières représentent en effet les fractures les plus fréquentes du pied et de la cheville dans notre pays, avec environ 16'500 cas par an.
« Alors afin de réduire ces complications tout en garantissant de bons résultats pour les patient-e-s, il est nécessaire de réévaluer en profondeur nos méthodes de traitement », confie la Dre Seidel.
Elle a mené sa recherche sur deux axes distincts : la charge qu’une cheville peut supporter à la suite d’un traitement, et la satisfaction des patient-e-s. Si la fonctionnalité de l’articulation et la satisfaction sont bonnes, le traitement est considéré comme optimal. Cette démarche permet d’éviter des opérations souvent inutiles.
La recherche moderne met en effet de plus en plus l’accent sur des critères d’évaluation centrés sur le ou la patiente et sur son ressenti. Et c’est important, estime la Dre Seidel.
Le paradigme selon lequel la plupart des fractures osseuses doivent être opérées est encore très répandu en chirurgie orthopédique. La PD Dre Angela Seidel étant elle-même chirurgienne, son intérêt pour les traitements conservateurs est souvent perçu avec réserve au sein de son propre milieu.
Mais ses analyses, son engagement et son expérience la confortent toutefois dans sa vision.
Elle qui a passé une année au Canada en spécialisation de la chirurgie du pied souhaite désormais approfondir sa recherche et agrandir son équipe. De plus en plus de patient-e-s pourront ainsi avancer vers la guérison de leur fracture malléolaire sans complications postopératoires !