Une seule constante dans sa longue carrière de TRM : les patient-e-s et leur anatomie

Catégorie : HFR
Rédigé par Priska Rauber
Jeudi 2 juillet 2026
Chantal Pythoud

Technicienne en radiologie médicale depuis plus de quarante ans, Chantal Pythoud a connu le temps des films argentiques, où on développait les radios en chambre noire. Elle arrive au bout de sa carrière professionnelle pour mieux se consacrer à son engagement politique, de vice-syndique de la commune de Bulle et de députée au Grand Conseil fribourgeois. 

« Salut ! Excusez-moi, qu’est-ce que je vous disais ? Ah oui, j’ai donc débuté ma formation en 1982 à l’Hôpital cantonal. Mais salut ! Tu vas bien ? »

En donnant rendez-vous à Chantal Pythoud à la cafétéria de l’HFR Riaz, nous n’avions pas pensé au nombre astronomique de personnes qu’elle connaissait. La technicienne en radiologie médicale (TRM) travaille non seulement à l’HFR depuis plus de quarante ans (donc ça en fait des patient-e-s et du personnel à saluer), mais elle est aussi engagée politiquement depuis 2011, sous les couleurs socialistes. Députée au Grand Conseil fribourgeois depuis lors, aujourd’hui vice-syndique de Bulle (entrée au Conseil communal en 2016), elle en connaît du monde ! 

Fin juillet, retraitée de l’HFR (une retraite anticipée), elle pourra enfin « moins courir après le temps » pour honorer toutes ses obligations. Ça fait dix ans qu’elle cumule un 60% pour son métier, un 50% pour la politique communale et un 10% pour la politique cantonale. « Je pourrai davantage m’investir au Grand Conseil, dans des commissions notamment. Et aussi donner du temps à mes petits-enfants et pratiquer mes sports favoris. »

Si Chantal Pythoud est soulagée des heures qu’elle va gagner pour son engagement citoyen, elle n’en est pas moins émue de refermer ce long chapitre de sa vie : quarante-quatre ans de carrière au sein de l’institution hospitalière fribourgeoise. « L’équipe va me manquer, dit-elle avec émotion. Les patientes et les patients aussi. Je ne suis pas lassée de mon métier, au contraire ! Même s’il n’est pas reconnu à sa juste valeur. » 

Un sentiment d’injustice

Engagée depuis longtemps pour les conditions des travailleuses et des travailleurs – elle a représenté le personnel des sites du Sud au Conseil d’administration de l’HFR dès sa création de 2007 à 2011, après avoir été membre puis présidente de la commission du personnel de l’HSF (Hôpital du Sud fribourgeois) – Chantal Pythoud a évidemment participé à la grève des TRM, il y a un an tout juste. « J’aime ce métier parce qu’il allie la technique et l’humain. Comme les professions soignantes de niveau HES, nous sommes colloqués en classe 17, alors que pour les autres fonctions de même niveau de formation à l’Etat, le minimum est la classe 18. Ça reste un sentiment d’injustice pour mes collègues et moi. »

Ce sentiment n’entache toutefois pas son beau parcours, débuté en 1985 à l’Hôpital cantonal, après y avoir effectué une formation de trois ans. Elle reste onze années à Fribourg, puis en passe vingt-neuf à Riaz. 

Les possibilités organisationnelles, notamment de temps partiel en dessous de 50% puis d’horaires compatibles avec son rôle de maman, ont grandement contribué à cette longue carrière, devenue rare dans les soins. « J’ai eu trois enfants et une chance inouïe de pouvoir rester engagée quelques années dans les tournus des gardes. Je travaillais un week-end toutes les six semaines avec des nuits entre deux, environ 20%. C’est ce qui m’a permis de garder un pied dans le métier, puis d’augmenter petit à petit mon pourcentage. » Et finalement, d’accomplir toute une carrière hospitalière. Dont la seule constante a été les patient-e-s et leur anatomie ! « Tout le reste s’est transformé ! »

Evolutions techniques et structurelles

Chantal Pythoud a vu l’évolution des techniques et de l’hôpital. Elle a connu le temps des films argentiques, où on développait les radios en chambre noire. 

« Et quand je suis arrivée ici à Riaz en 1997, à l’Hôpital du district de la Gruyère, c’était un peu le Moyen-Age... On faisait tout, des radios à la prise des rendez-vous, en passant par la gestion des dossiers, l’affichage et désaffichage des radios pour les colloques, le classement des archives, l’emballage de nos plateaux pour la stérilisation etc. ! »

A la création de l’Hôpital du Sud fribourgeois en 2001, la radiologie se modernise enfin, avec locaux adaptés et un plateau technique moderne et complet dès 2012 avec l’installation de l’IRM. « Ces évolutions structurelles et techniques ont contribué à rendre ma carrière passionnante. »

Son engagement se termine entre les murs de l’hôpital, pour continuer de plus belle dans les hémicycles. S’il est difficile d’y faire basculer des décisions, elle peut y distiller, forte de sa longue expérience, toutes ses connaissances des enjeux autour de la santé publique. Tenants et aboutissants souvent méconnus de ses collègues député-e-s, majoritairement issu-e-s du milieu juridique, agricole et de l’enseignement.

Défendre l’hôpital public restera son leitmotiv.

Nous lui souhaitons le meilleur pour l’avenir !

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Chantal Pythoud