Toc, toc! Qui frappe dans ma tête?
Un TOC, c’est une petite voix qui te pousse à répéter certaines actions plusieurs fois pour te sentir rassuré-e. Des solutions existent pour te sentir bien mieux. Ici, avec le psychologue Yannick Heim, nous allons te donner quelques conseils.
Si tu aimes lire un livre avant de t’endormir ou te laver les mains avant de manger, c’est bien. Ce sont de petites routines réconfortantes qui font partie du quotidien de tous les enfants. Mais si une petite voix intérieure te dit de répéter un geste pour éviter qu’un malheur arrive et apaiser ton stress, puis que ce rituel devient envahissant, ce peut être ce qu’on appelle un TOC, un trouble obsessionnel compulsif.
Par exemple aligner toutes tes peluches avant de te mettre au lit (rituel d’ordre), te laver les mains dix fois avant le repas (rituel de nettoyage), te relever trois fois après l’histoire pour t’assurer que la porte est bien fermée (rituel de vérification) ou soulever cinq fois ton assiette avant de manger (rituel de répétition). Il existe aussi des compulsions invisibles, comme répéter des mots dans ta tête.
Cela peut beaucoup te stresser, t’empêcher de bien travailler à l’école, de jouer ou même de dormir.
Ne pas laisser les TOC s’installer
La frontière entre le rituel rassurant et le trouble se mesure donc à l’impact sur le quotidien et à l’angoisse ressentie si le geste n’est pas accompli, nous explique Yannick Heim, psychologue spécialiste des TOC. « Cette angoisse est un signe d’alerte pour les parents. Les enfants eux-mêmes ne se rendent pas forcément compte qu’il y a un problème. »
Les parents peuvent remarquer que leur enfant est stressé-e, qu’il ou elle prend plus de temps pour faire des choses ou pique des colères si on interrompt son rituel. Il est alors important est de ne pas laisser les TOC s’installer. « Si on ne les détecte pas rapidement, ils risquent bien de devenir chroniques, précise le psychologue. Les traitements vont alors demander beaucoup plus d’efforts et d’énergie. »
Le soulagement n’est qu’immédiat
Tes parents ne doivent donc pas s’accommoder de la situation et faire de leur mieux pour ne pas entrer dans tes rituels, y participer, même s’ils voient que ça te rassure. Car ça te rassure seulement dans un premier temps. Le soulagement immédiat amorce en réalité un mécanisme qui, sur la durée, enracine le problème.
Il ne faut pas hésiter à se faire aider, car les TOC ne vont pas passer tout seuls. D’abord en évoquant le sujet avec ton ou ta pédiatre. Des traitements existent pour stopper l’engrenage et se sentir bien mieux. « La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est le traitement de référence, indique Yannick Heim. En appui à la psychothérapie, certains médicaments ont également montré leur efficacité. »
Alors tu vois, il y a des moyens d’assourdir cette petite voix intérieure qui t’oblige à faire des choses ou à répéter des gestes. Laisse-toi aider !
Il n’y a pas toujours d’évidence, « notamment parce le mécanisme commence insidieusement, petit à petit, et prend de l’ampleur », précise le psychologue Yannick Heim. Et l’enfant aura tendance à le cacher, se sentant honteux.
S’ils ont un doute, les parents peuvent lui poser deux questions :
« Est-ce que ça t’arrive de te sentir obligé de faire des choses même si tu n’en as pas envie ? »
Et si oui :
« Si tu ne peux pas le faire, qu’est-ce que ça te fait ? »
Si l’enfant répond « une grande anxiété », il faut alors en parler à son ou sa pédiatre.
Il est très utile de s’informer, pour mieux comprendre la maladie