Aliments ultra-transformés : la fabrique de l’envie

Catégorie : Spécialités
Rédigé par Lisa Oberson
Lundi 5 octobre 2026
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Biscuits, snacks ou plats prêts-à-consommer, les aliments ultra-transformés (AUT) occupent une place considérable dans notre alimentation. Pourquoi est-il si difficile d’arrêter après avoir entamé un paquet et quel impact sur notre santé ? Explications avec Julie Equey, diététicienne au Service de nutrition et diététique. 

Les AUT désignent un groupe de produits issus de l’industrie agroalimentaire. Ils contiennent généralement cinq ingrédients ou plus et sont obtenus à partir de procédés de fabrication complexes. « Lorsqu’on parle d’AUT, on ne repère pratiquement plus l’aliment brut : cela ne ressemble à rien de ce que l’on peut trouver dans la nature », explique Julie Equey, diététicienne à l’HFR. Et, les additifs utilisés – arômes, colorants, exhausteurs de goût – n’existent pas dans une cuisine domestique.

Qu’est-ce qui les rend si attractifs ?

Aujourd’hui, les AUT séduisent largement par leur praticité et leur accessibilité. Selon la Société suisse de nutrition, entre 27 et 32% de notre apport énergétique provient des AUT, un chiffre en constante augmentation. Dans les rayons des supermarchés, ils sont omniprésents et se déclinent en une multitude de formats prêts-à-consommer. Leur principal atout réside dans « leur simplicité d’utilisation : il n’est pas nécessaire de cuisiner soi-même ». Il suffit de les cuire ou de les réchauffer directement dans leur emballage.

Autre élément souligné par la diététicienne : le goût. « Les AUT sont très palatables. Tout est fait pour qu’ils soient savoureux et qu’ils stimulent le système de récompense du cerveau, qui en redemande. » Cette attractivité découle notamment de leur teneur élevée en sucres et en graisses, avec textures et arômes optimisés. 

Les AUT sont également valorisés par un marketing agressif et émotionnel. Celui-ci se base particulièrement sur le design des emballages : couleurs vives, images naturelles ou super-héros pour attirer la curiosité des enfants. La dimension du prix joue aussi un rôle : « On a l’impression que cela revient moins cher, mais en réalité, les cornflakes coûtent plus cher que de simples flocons d’avoine. »

Quels sont les effets négatifs sur notre santé ?

En plus de leur grande densité en énergie, « les AUT sont très pauvres en vitamines, minéraux, antioxydants et en fibres », des éléments essentiels pour notre santé et pour activer les signaux de satiété. Par ailleurs, leur composition riche en additifs, sucres ajoutés ou graisses saturées entraîne un risque de développer certaines maladies notamment cardiovasculaires. Et, malgré une offre de produits très variée, « le goût des aliments devient de plus en plus uniforme car tous les industriels utilisent plus ou moins les mêmes procédés », alerte la diététicienne. Une perte de diversité alimentaire qui engendre des carences en nutriments essentiels.

« Les aliments ultra-transformés sont très pauvres en vitamines, minéraux, antioxydants et en fibres, des éléments essentiels pour notre santé et pour activer les signaux de satiété. » Julie Equey, diététicienne à l’HFR
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Quelques conseils
  • Faire ses courses en étant préparé-e, idéalement avec une liste et le ventre plein ;
  • Prévoir ses menus à l’avance ;
  • Privilégier les aliments bruts, frais, locaux et de saison ;
  • Prendre le temps de lire les étiquettes ;
  • Consacrer du temps à cuisiner, car c’est essentiel pour la santé ;
  • Cuisiner en grande quantité et congeler des portions ;
  • Ne pas supprimer totalement un aliment : c’est la quantité qui pose problème.