Ménopause: pallier la chute des œstrogènes
La ménopause marque une transition hormonale majeure : la chute des œstrogènes bouleverse progressivement l’ensemble de l’organisme des femmes, affectant, sur le long terme, leur santé. Mieux vaut le savoir et s’y préparer avec l’aide, notamment, des compléments alimentaires.
La diminution du taux d'œstrogènes à la ménopause prive l’organisme des femmes d’un bouclier essentiel. Sans cette hormone, les os se fragilisent, le risque d’ostéoporose s’accroît. Le système circulatoire perd une part de sa protection naturelle, favorisant l’hypertension, le déséquilibre du cholestérol et les maladies cardiovasculaires (infarctus, AVS) – au point qu’elles deviennent la première cause de décès féminin. Les muscles s’amenuisent, la fatigue s’installe. Les tissus cérébraux manquent des effets anti-inflammatoires et antioxydants des œstrogènes, qui contribuent à un fonctionnement cognitif optimal. C’est le brouillard mental. La peau et les muqueuses s’assèchent, les articulations deviennent plus sensibles. Les chaleurs arrivent en bouffée et les cheveux tombent en poignée.
Sombre tableau ! Qui invite à anticiper, dès 40 ans, avec une substitution hormonale ou des alternatives, une nutrition ciblée et des compléments alimentaires adaptés.
Voici quelques conseils concernant ces derniers, recueillis auprès de la Dre Dorothea Wunder, gynécologue à l’HFR, spécialiste de la reproduction et de la ménopause.
La prise de compléments alimentaires n’est pas anodine ni nécessaire pour tout le monde. Même si certains besoins sont difficiles à couvrir uniquement par notre mode de vie moderne : le manque de soleil et la qualité des protections solaires rendent l’apport en vitamine D souvent trop minime ; les poissons gras pourvoyeurs de l’oméga 3 sont contaminés aux métaux lourds ; la maturité artificielle, la culture intensive et hors sol privent les fruits et légumes de nombreux nutriments, comme le magnésium et la vitamine C (l’article « Nos fruits et légumes sont de moins en moins nutritifs » du National Geographic cite de nombreuses études).
Dans ce contexte, certains compléments peuvent donc être pertinents pour les femmes dès 40 ans, mais uniquement s’ils sont bien choisis et pris au bon moment. Il est crucial de faire attention à la pureté du produit (exempt d’additifs et polluants autant que faire se peut), à la teneur en principes actifs ainsi qu’à son conditionnement. N’hésitez pas à en parler avec un-e spécialiste et à faire un bilan sanguin.
En attendant, voici un tableau regroupant les données et compléments essentiels en cas de prise à la ménopause :
|
Complément |
Bénéfices |
Type recommandé |
Dosage |
Heure de prise |
|---|---|---|---|---|
| Vitamine D |
Santé osseuse Immunité Humeur |
Vitamine D3 (en cas de manque d’apport de calcium par l‘alimentation, éventuellement combiner avec du calcium) |
1 000 à 2 000 UI/j toute l'année |
Avec un repas contenant des graisses |
| Vitamine K |
Santé osseuse Protection cardiovasculaire |
Vitamine K2 Forme biodisponible MK-7 all-trans |
50 à 200 µg/j max ⚠️ Déconseillé en cas de prise d’anticoagulants |
Avec un repas contenant des graisses |
| Oméga-3 |
Santé cardiovasculaire Développement du cerveau et des yeux |
EPA + DHA Ratio de deux pour un |
600 à 2 000 mg/j | Avec un repas contenant des graisses |
| Magnésium |
Santé cardiovasculaire Soutien musculaire Effet relaxant |
Bisglycinate ou glycinate meilleure tolérance |
300 mg/j |
Soir Environ 60 minutes avant le coucher |
| Créatine |
Soutien musculaire Santé osseuse Concentration et clarté mentale |
Monohydrate pure |
3 à 5 g/j ⚠️ Déconseillé en cas d'insuffisance rénale |
N'importe quand Dans de l'eau, jus, café ou yaourt |
En définitive, la bonne approche est toujours de prioriser l’hygiène de vie : activité physique régulière (en l’occurrence la musculation) ; alimentation équilibrée riche en protéines (« un apport suffisant est très important », insiste la Dre Wunder) ; limitation de l’alcool et du tabac ; eau (importance à ne pas sous-estimer) et gestion du stress font une vraie différence sur la qualité de vie des femmes ménopausées. Qui sont, par ailleurs, libérées des douleurs des menstruations et du regard des autres !